Privatisation, corruption, rétablissement du service militaire: Le secrétaire général de la Csa-Bénin fustige les décisions du gouvernement
Le secrétaire de la Csa-Bénin Dieudonné lokossou sort de son mutisme le vendredi dernier. Il a partagé ses inquiétudes avec la presse sur les grands dossiers qui défraient actuellement la chronique : Les privatisations, la lutte contre la corruption, le service militaire et bien d'autre. La salle de conférence de la direction générale de la Sonacop a servi de cadre pour cette entrevue. La confédération des syndicats autonomes du Bénin (Csa-Bénin), dans le souci de sauvegarder les valeurs cardinales qui sous-tendent le syndicalisme, s'était prononcée sur un certain nombre de sujets d'actualité vendredi dernier. Il s'agit entres autres, de la décision du gouvernement du docteur Boni Yayi portant sur la privatisation de certains sociétés d'états; le rétablissement du service militaire; de la suspension de deux opérateurs Gsm (moov et Areeba ; et la lutte contre la corruption. Sur la privatisation de certaines sociétés, le secrétaire général de cette confédération a fustigé cette décision et la qualifie de précipitée.Selon le conférencier, l'histoire récente des privatisations sans discernement des sociétés d'états initiées à la va- vite par les gouvernements précédents, sous le diktat des institutions de breton wood, a laissé un arrière goût à tous les travailleurs et travailleuses de ce pays. C'est pourquoi, tirant des leçons de ce triste passé encore vivace dans les mémoires, la Csa-Bénin ne saurait donner une quelconque caution aux dernières décisions prises précipitamment par le gouvernement. Il estime que le gouvernement en place met aujourd'hui tout en œuvre, pour sacrifier ces travailleurs sur l'autel d'intérêts sordides et inavoués. Selon lui la question de privatisation devrait être abordée avec plus de tact et de recul. C'est un sujet très sensible, précise-t-il. A cet effet, il compte s'opposer avec véhémence et s'opposera par principe à toute privatisation qui répond aux injonctions de la banque mondiale (Bm) et du fonds monétaire international au niveau desquels l'éthique et la morale ont déserté le forum. Cependant elle est prête à ouvrir avec le gouvernement un dialogue sur la question de la privatisation au Bénin.
Au sujet de la décision du gouvernement de rétablir le service militaire et civique au profit de la jeunesse, il demande à celui-ci d'assumer pleinement son engagement et sans démagogie. Il estime qu'à ce sujet que des zones d'ombre demeurent et pour cela il exhorte le gouvernement à apporter plus de clarifications afin de mieux les situer. M. Lokossou, abordant la question relative à la suspension des deux opérateurs Gsm, estime que cette décision, bien que fondée, crée malheureusement d'énormes préjudices aux nombreux abonnés et aux travailleurs qui se voient momentanément ou définitivement privés de leurs emplois. Il trouve indécent le sort qui est ainsi réservé aux clients et aux travailleurs de ces deux opérateurs. Selon lui, le gouvernement n'a pas pensé aux préjudices que sa décision peut créer à son peuple. Il pense qu'il devrait d'abord renforcer les capacités de Libercom avant d'engager une telle mesure de suspension. « Il est temps que le peuple ne soit plus victime ou bouc émissaire des contrats mal négociés par certains responsables et cadres « cupides des ministères en charge de la communication et des finances, » a-t-il souligné. Pour ce faire, il invite le gouvernement à vite identifier les auteurs. La corruption, le conférencier évoque trouver la lenteur qui entoure la procédure de clarification et d'écoute des personnes présumées coupables dénoncées par les organisations de la société civile dans le dossier sur la gestion de la Sbee. Bien que le gouvernement s'engage à mener une lutte farouche contre l'impunité, la corruption qui gangrènent l'administration béninoise à tous les niveaux, le secrétaire général de la Csa-Bénin n'attend pas grande chose du pouvoir du changement. A propos du système éducatif le conférencier pense que ce secteur est malade et rejette tout le discrédit sur le gouvernement qui à son avis s'est totalement désengagé. Dieudonné Lokossou invite celui-ci à prendre des mesures hardies les mois à venir pour mettre en application les conclusions issues du forum national sur les problèmes de l'éducation. Siméon Pépin responsable à la communication de la Csa-Bénin aborde aussi le même sujet de l'éducation que son prédécesseur. Il estime que l'Etat ne pense plus à la formation des encadreurs. Selon lui le nouveau programme n'est pas si mauvais. C'est une nouvelle approche d'enseignement. Seulement les éducateurs de ce nouveau programme n'ont pas été convenablement formés. Ainsi le secrétaire général de la Csa-Bénin pour mettre un terme à cette tête à tête qu'il a eu avec les hommes de média déclare que les « corrompus et les corrupteurs se trouvent dans le rang du président de la République. » Esther Badou 06 Août 2007
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