Le Chef de l'Etat, Dr Boni Yayi, vient de donner des instructions à certains ministres dont les collaborateurs ont été cités dans des affaires de mauvaise gestion de la chose publique par le Fonac. Ces ministres s'apprêtent à infliger des sanctions aux mis en cause.
Limogeage, levée d'immunité, poursuites judiciaires et rétrocession des fonds dilapidés sont les diverses sanctions qui attendent les personnes citées dans des cas de « malversations » par le Fonac la semaine dernière. Vendredi, le Chef de l'Etat a reçu les membres du Front des organisations nationales contre la corruption (Fonac) à son cabinet pour voir clair dans ces dossiers. Selon nos informations, il a ensuite instruit les ministres dont les collaborateurs ont été cités dans ces cas de « malversations » à rencontrer les membres du Fonac. Dans l'après-midi de vendredi, le nouveau ministre des sports a reçu les membres du Fonac. « Nous sommes venus voir le ministre de la jeunesse, des sports et loisirs pour lui donner des détails par rapport au cas de malversations au stade de l'Amitié », a expliqué à la presse le président du Fonac. Après avoir informé que c'est une question qui intéressait le ministre Galiou Soglo, le président du Fonac a souligné que toutes les personnes soupçonnées de « malversations » ont la « présomption d'innocence » jusqu'à ce que la justice fasse son travail. Pour le ministre Soglo, après le tête-à-tête avec les membres du Fonac, « il ressort clairement qu'il y a eu malversations ». Reconnaissant qu'il y a la présomption d'innocence, le ministre des sports annonce qu'en ce qui le concerne, « des sanctions seront prises rapidement à l'encontre des responsables ayant dilapidés des fonds de l'Ogesa ». « La justice doit aussi prendre ses responsabilités pour que les fonds dilapidés puissent être rétrocédés », a ajouté le ministre Galiou. Après leurs investigations dans des sociétés dont l'Ogesa et la Sbee, les membres du Fonac ont fait des recommandations. Et d'après ces recommandations, non seulement les fonds estimés à 6 millions FCFA devront être rétrocédés à l'Ogesa, mais les personnes citées doivent être limogées et ceux qui sont des agents publics remis à la disposition du ministère de la fonction publique. C'est le directeur de l'exploitation et le Chef approvisionnement qui sont cités à l'Ogesa pour ces cas de « malversations », selon le Fonac qui dans ses recommandations, demande à ce que le directeur de l'Ogesa rétrocède les fonds « dilapidés ». Sur l'émission « Ma part de vérité », hier, le directeur de l'exploitation de l'Ogesa a clarifié la situation. Il ne se trouve pas mêlé dans aucune malversation. A la Sbee, c'est le désormais ex- directeur général et certains de ces collaborateurs qui ont, selon le Fonac, signé le 19 janvier 2006 le contrat gré à gré d'un montant de 3 milliards 193 millions 029 mille 651 FCFA pour l'achat de fournitures déclarées urgentes. En instruisant ses ministres de prendre des sanctions à l'encontre des personnes impliquées dans des « malversations », le Chef de l'Etat dont l'une des priorités de son mandat est la bonne gouvernance est donc décidé à finir avec l'impunité.
Encadré :
L'immunité de certains députés bientôt levée ?
Des personnes citées dans les malversations intervenues à la Société béninoise d'énergie électrique (Sbee) sont aujourd'hui à l'Assemblée nationale. Elles bénéficient donc d'une immunité parlementaire. Avant qu'elles ne répondent de leurs actes devant la justice, il faudra donc lever cette immunité par au moins les 2/3 des députés de l'Assemblée nationale. Tout comme dans l'Alliance à laquelle appartiennent les personnes citées dans le cas de passation de marché gré à gré d'un montant de 3 milliards 193 millions 029 mille 651 FCFA signé le 19 janvier 2006 sous le précédent régime, pour l'achat de fournitures déclarées urgentes dans le temps, nombreux sont les proches de ces honorables impliqués qui sont pour la levée d'immunité de leurs collègues. Ils justifient leur argument par le fait qu'il est inadmissible que certains partis politiques qualifient les proches du Chef de l'Etat de corrompus à cause de ces cas. « Il faudra alors que la justice fasse son travail pour situer les responsabilités », affirme un membre influent de la Fcbe (Force cauris pour un Bénin émergent). Il est vrai, des éclairages ont été faits après la conférence de presse du Fonac la semaine dernière par l'un des députés en question. Mais, selon des sources proches du Palais, cela n'empêche pas que dans les prochains jours, le Chef de l'Etat demande au Bureau de l'Assemblée nationale la levée d'immunité des deux députés cités dans le cas de mauvaise gestion à la Sbee.
Blaise TOSSOU
25 Juin 2007
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