dimanche 10 juin 2007

ESCALADE VERBALE

ESCALADE VERBALE

Par Titus FOLLY (Editorial du Quotidien ADJINAKOU du 05 juin 2007)

     Boni YAYI a été pourtant bien accueilli par la presse internationale. Cette dernière n'a cessé de l'encenser dès l'entame de son mandat, marqué par des réformes hardies contre certains goulots d'étranglement qui aliènent le Bénin. Mieux, à chaque visite de Boni YAYI à l'étranger, il est reçu sur les plateaux médiatiques les plus relevés, grâce il est vrai à un travaille d'une équipe qui en veut.

     Ainsi Boni Yayi est aux antipodes de Mathieu Kérékou son prédécesseur très peu enclin à la communication internationale. Un choix qui a le mérite quand on s'y met de permettre un long polissage de l'image du chef et de son pays. Ce faisant on avait cru que Boni YAYI depuis sa prise de pouvoir avait acquis au-delà des frontières la presse internationale à sa cause. Mais à la lumière des dernières contingences survenues entre deux rédactions internationales et le pouvoir béninois, on se rend bien compte que les comptes ne sont pas bons.

     Donc, deux confrères qui tombent rarement dans le panneau des attaques biaisées ont peint le tableau de Cotonou avec des aquarelles de couleurs grises, se faisant le relais de Béninois rencontrés et de constats faits sur place. Mais au-delà de leurs révélations, dont la plus fracassante fait allusion aux bisbilles et bruits de bottes belliqueuses vis-à-vis d'un pays limitrophe, on a eu la riposte orchestrée par des cercles médiatiques proche du pouvoir dans le genre « attention aux apatrides qui veulent du mal au père de la nation » avec à la clé, le risque d'envenimer la situation.

     En effet, le moins à dire est que la stratégie est si maladroite qu'on se demande s'ils rendent service à leur mentor en entretenant l'escalade verbale avec la presse étrangère. D'accord, il ressort de leur réquisitoire que les rédactions ont affabulé et sont à la solde d'une bande d'apaches peu acquis au changement. Des opposants sont visés. Ils sont accusés de commanditer les papiers au vitriol. Mieux les défenseurs du changement estiment que l' « acharnement » de la presse occidentale ces derniers jours n'est qu'un stérile bourdonnement de mouches qui ne peut arrêter un processus qui a le soutien du peuple et de la rue. En abordant ce dernier avec tant de peccadilles, on se demande si ces hirondelles de la dialectique d'un genre nouveau n'ont pas entamé une œuvre qui est en retard sur son époque.

     En effet, la presse internationale n'a pas le même mode opératoire, que la presse locale. La presse internationale n'est jamais percluse de ses certitudes usées. A ce « niveau d'accusation » contre notre pays, qui suscite l'indignation des regards des janissaires du régime, pourquoi ces derniers refusent-ils de franchir le rubicond d'une assignation pour que l'honneur soit sauf ? Aujourd'hui, refuser d'assigner les canards qu'on prétend avoir diffamé notre pays ne peut faire que très mauvais effet. Car ceux qui font semblant de regarder ces deux confrères comme des étalages de pois secs ont intérêt à se hisser au-delà de leur patriotisme circonstanciel.

     Les thuriféraires de la Guinée Conakry, du Togo ou du Congo Brazzaville ont déjà abandonné ce boulot sur la toile. Il serait regrettable que le Bénin reprenne le flambeau des antiennes à la gloire du Messie national. Sauf à avoir définitivement choisi de remonter le temps pour mettre leur montre au diapason des chorales du défunt parti unique…



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